Les gouvernements nationaux ont soutenu une prolongation d'un an du litigieux accord de pêche UE - Maroc, malgré l'échec du Maroc à prouver que l'accord bénéficie à la population du Sahara Occidental occupé.
Les députés européens doivent débattre de la question en septembre ; leur approbation est requise pour maintenir en place l'extension - provisoirement en vigueur depuis février -.
L’approbation des États membres a été officialisée le 4 juillet, lorsque l'Allemagne a abandonné son opposition à l'extension. En février, l'Allemagne a mis tout son poids dans une demande de Maria Damanaki, la commissaire européenne à la pêche, pour que le Maroc prouve que l'accord bénéficie à la population du Sahara Occidental, une ancienne colonie espagnole occupée par le Maroc en 1975. Mais la semaine dernière, le gouvernement allemand a signifié sa satisfaction de l’accord de pêche, et créé une majorité en sa faveur. Le Danemark, les Pays-Bas et la Suède ont voté contre la prolongation et l'Autriche, Chypre, la Finlande et le Royaume-Uni se sont abstenus. L'Espagne et la France ont exercé de fortes pressions pour l'extension de l'accord. Sur les 119 navires autorisés par l’accord, 100 sont espagnols.
Droits de l'homme
Un porte-parole Damanaki déclaré que l'extension d'un an de l'accord avec le Maroc serait utilisée pour "organiser" si et comment avancer dans un accord éventuel.
Damanaki veut mettre le respect des principes démocratiques et des droits de l'homme au centre des futurs accords de pêche dans le cadre d'une proposition de réforme planifiée à l'adoption par le collège des commissaires le 13 juillet.
Dans un projet de déclaration, le gouvernement allemand a déclaré que la documentation soumise par le gouvernement marocain en décembre établie que l'opération bénéficie à la population locale. Il citait une analyse de la Commission Européenne qu’une "partie considérable" des ressources générées par l'accord a été "consacrée à des mesures de soutien à la modernisation du secteur de la pêche au Sahara Occidental et était donc au bénéfice du peuple du Sahara Occidental".
Toutefois, une source familière avec la procédure s'est dit "perplexe" par la déclaration parce que la Commission n'a pas finalisé son analyse.
La documentation marocaine – une présentation confidentielle de 44 diapositives PowerPoint - ne fait aucune référence au Sahara Occidental et met dans le même panier le territoire occupé avec des zones du Maroc, ce qui rend impossible de juger quels bénéfices, s’il y en a, vont à la population sahraouie.
Selon la seule diapositive qui fournit une ventilation régionale des investissements faits dans l'accord de pêche, les projets actuels et futurs vont "directement et indirectement" créer quelque 20 700 emplois dans la région de «l'Atlantique Sud», mais cette région comprend la ville portuaire de Tarfaya, qui n'est pas au Sahara Occidental. Une part importante de la richesse en poisson du Maroc qui a été ouvert à la pêche européenne dans le cadre de l'accord se trouve au large du Sahara Occidental.
De sérieuses réserves sont également apparues sur les bénéfices de l'accord de l'UE dans son ensemble. Une évaluation indépendante rédigée au nom de la Commission et soumis en décembre a constaté que l’accord manque de loin de récupérer les investissements de l'UE, et contribue à la surpêche dans les eaux marocaines.
L'UE envisage de payer le Maroc pour pouvoir pêcher au Sahara Occidental occupé à partir de 2013. L'Accord de Pêche UE-Maroc serait à la fois politiquement controversé et en violation du droit international. La campagne internationale Fish Elsewhere! ("Allez Pêcher Ailleurs!") demande à l'UE d’éviter de telles opérations totalement immorales, et d'aller pêcher ailleurs. Aucune pêche ne devrait avoir lieu au Sahara Occidental avant la résolution du conflit.